Arrivée dans la place de deux barées aux cheveux bouclées qui se dirigent directement vers le punk québécois. Qui n'a jamais rêvé d'entendre chanteur de punk avec un accent québécois me jette la première pierre. Les gens autour d'elles commencent à boire, elles commencent à remuer leur body body.
Très vite le groupe de punk s'arrête et invite la "foule en délire" à rejoindre l'autre scène située pas bezeff bezeff loin pour la suite de la musique, avec d'autres groupes.
Nos deux damoiselles se fraient un chemin dans la foule et arrivent sur un petit promontoire où les gens se massent. "Comme ça on pourra bien voir" dit la noiraude. L'autre préfère se mettre juste devant le promontoire pour bouncer sur le Breizh Dub à base d'accordéon de FDB sans profiter des fantastiques pogos brestois (pogo brestois: pogo et lancer de bouteilles en plastique).
Finit le dub, arrive le temps des hurlements, de Léo et de circonstance. Moment magique, à bouncer sur la dextérité du violoniste. Quelques passages éclairs du saxophoniste de l'étouffe chrétienne, et c'était déjà l'heure de tomber mourru sur le sol tout dégueulasse et recouvert de bouteilles de bière. Pour dire que le gouvernement tu vois il nous laisse pas nous exprimer tu vois on est pas écoutés voyez!
Et c'est là, juste après que tout les jeunes aient scandé "les brestois emmerdent le front national", alors que tout le monde ou presque était par terre et que le chanteur essayait de faire régner le silence qu'un homme d'un certain âge en polo a crié "pauvre con!", juste avant que tous les jeunes ne se remettent debout sauvagement pour bouncer, baby. C'est qu'ils kiffent remuer leur body les jeunes.
Il est marrant l'homme en fauteuil roulant, il agite ses bras en hurlant "allez cindez vous en deux groupes. Je veux un mètre entre vous, que je puisse passer mon fauteuil". A sa gauche, l'UMP. A sa droite, les partis d'extrême gauche. Mais quand il demande aux deux parti[e]s de pogoter, les gens reviennent doucement a leur place et recommencent à danser. Frustré le gars.
Puis, retour à pied en montée dans les petites ruelles sombres. Les deux filles ne s'adressent qu'à peine la parole. La brune marche devant, l'autre fait ce qu'elle peut pour ne pas se laisser distancer.
Quand finalement elles arrivent, la plus jeune se laisse tomber à même le sol et commence à masser ses pieds gonflés et endoloris. L'ainée lui propose un thé qu'elle accepte, et qu'elle boit en se brulant la langue. Puis la brune décide de faire de la peinture murale tandis que la cadette va se coucher exténuer, les pieds surélevés dans le fol espoir qu'ils dégonflent assez vite.
Ou pourquoi je n'aime pas marcher trop vite.