*
Elle est où l'insouciance, la belle insouciance de l'enfance qui n'a rien compris? La folle insouciance de l'adolescence? Où est passée notre jeunesse? Les souvenirs que l'on accumule sont des photographies mentales de salles de cours et de profs, d'amitiés et d'amours qui se font et se défont au fil des jours, des vidéos en couleurs de bêtises souvent inavouées survenues ponctuellement mais presque toujours provoquées... On se retrouve le dos brisé et la nuque raidie de s'être penché trop longtemps sur ces feuilles. Si seulement on pouvait avoir le temps d'être insouciant. Si seulement on nous avait prévnu que c'est en s'allongeant dans l'herbe en fin de journée, en regardant vaguement le balet cotonneux des nuages dans le ciel bleu, en laissant son esprit vagabonder et jouer à saute-moutons avec des idées aussi révolutionnaires qu'un bout de pain sec; si seulement on m'avait dit que c'était ça le bonheur. Où est la liberté dans les heures de cours enchainées, les interros qui défilent? Les quelques moments de répit que l'on nous offre ont tous le goût amer du pas assez... Un peu plus juste un peu plus. Toujours plus. Mais jamais trop... Besoin de fête, besoin de vacances, besoin de soleil et de sable chaud. Besoin de temps. Marre de l'hiver et du froid. Marre du boulot et des cours. Marre de courir après quelques heures de repos. De répit. Marre d'avoir des bosses au bout des doigts à force de trop écrire. Marre de hurler dans ma chambre pour me calmer, marre de trop dormir. Marre de boire, de fumer, de pleurer. Où est la liberté dans un monde où la seule chose que l'on rehcerche c'est l'évasion, la liberté sans conditions? Où est l'insouciance, délice béni de l'enfance?
< Maman, c'est quand la retraite? >